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Auteur(s): Collectif Faro

Un urbanisme post-pavillonaire

Notre démarche s’inscrit dans l’espace d’échanges que fabrique notre collectif, Faro. Nous établissons un dialogue collaboratif entre projets construits et projets de recherche, dont l’imbrication quotidienne crée notre pratique. Cette approche est illustrée ici par une étude universitaire dans les territoires périurbains distancés de la centralité de la métropole, où nous percevons une nécessité de création de « nouvelles richesses ».

C’est l’hypothèse d’un « urbanisme post-pavillonnaire » en création dans les espaces périurbains qui nous a conduit à mener un travail de recherche universitaire en géographie[1]. Il s’agit de déterminer comment, hors des métropoles, se fabrique un urbanisme en rupture avec le modèle dominant de l’étalement urbain pavillonnaire. En étudiant le territoire intermétropolitain composé d’une centaine de communes entre Rennes et Nantes, c’est pourtant le portrait d’un espace où l’urbanisme pavillonnaire domine qui se dessine. Cinq opérations de logements (petit collectif ou maisons individuelles denses) en densification urbaine font l’objet d’une trentaine d’entretiens auprès d’élus, d’urbanistes, de bailleurs, d’agents des communautés de communes. Ceux-ci témoignent des difficultés de mise en œuvre de tels projets alternatifs à l’étalement urbain dans les territoires éloignés des métropoles. On constate aussi que ceux-ci ne sont pas (encore) issus d’une volonté idéologique active de préservation des ressources agricoles, mais sont plutôt le résultat d’opportunités foncières et de la mobilisation de certains élus.

L’étude montre un mouvement en marche, fait d’expérimentations et d’essaimages de nouvelles pratiques, inventant des modes de faire propres aux territoires périurbains moins attractifs. L’échelle symbolique de ces projets est ici importante car elle touche à l’espace des centres-bourgs et centres villes, qui portent une valeur de lieux communs et partagés. La recherche incite à l’expérimentation de projets urbains en concertation, des montages opérationnels nouveaux intégrant les habitants à la construction de leurs propres espaces de vie quotidiens (associations foncières, coopératives…). Ceux-ci interrogent les nouvelles modalités à trouver pour un urbanisme post-pavillonnaire, participatif et rural, s’inventant hors de l’économie métropolitaine.

Ce travail de recherche produit des éléments de compréhension du processus de mise en œuvre d’alternatives à l’industrialisation de la production des espaces habités faisant écho à nos pratiques construites.

[1]        Leroux Cécile (2015), mémoire de recherche, Master 2 Société, Aménagement et Gouvernance des Territoires, Institut de Géographie de l’Université de Nantes (IGARUN) Dir. de recherche : F. Madoré, géographe, Laboratoire : UMR 6590 ESO-Nantes (Espaces et Sociétés), janvier à juillet 2015.

 

Programme : Etudier l'urbanisme dans les espaces périurbains