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Auteur(s): DÜNNEBACKE Niclas
Contributeur: OBRAS, Collectif AJAP14

Un monde meurtri, quel accueil

La métropole inéquitable

Si proche, si loin.

Saint-Denis. Dans ce qui fut l’une des dernières grandes plaines industrielles d’Île-de-France, l’un des grands projets urbains à la française a étiré ce qu’il faut de bordures en granit, de façades de verre sérigraphié et de sièges sociaux chics pour que le souvenir de la banlieue ouvrière s’estompe. Autour du Stade de France, des employés bien mis se pressent d’une station de train à l’autre. Cette extension nouvelle, improbable encore il y a 20 ans, a inclus cette partie de la Seine-Saint-Denis dans la dynamique de la capitale, et frôle les grandes infrastructures sillonnant le nord de Paris, pour s’y arrêter brutalement.

Là, sous des piles de ponts, dans des recoins d’apparence inaccessibles, logent quelques dizaines de personnes, en marge des chantiers et des allées de Gingko Biloba bien rangés. Il n’y a pas eu d’étude d’impact : le bruit des trains allant à Bruxelles, à Londres ou à Lille, le bruit et la pollution des 250 000 véhicules par jour de la tangentielle A86, le bruit des cinq voies de l’avenue Anatole France sont permanents. La cacophonie de ces trois liaisons enserrent une parcelle triangulaire. On est au cœur des flux du monde riche, mais en même temps si loin, résolument à l’écart. Ici habitent plusieurs familles, dont certaines sont roms, d’autres simplement venues de Roumanie. Tout près, sous les piles et sur les talus des voies de chemins de fer, d’autres vivent encore dans des abris précaires.

L’association Coup de main, elle-même constituée par des Roumains, a pris en charge la construction d’un abri inédit : autoconstruit, fait de matériaux et de matériels de récupération, son montage a bénéficié du savoir-faire d’un architecte, Niclas Dünnebacke.

Ceux que nous ne voyons pas

Le monde « globalisé », aussi riche soit-il, n’offre pas des conditions d’habitat égales à tous ses habitants. C’est le moins que l’on puisse dire. Le terrain constructible à 1 500 euros le mètre carré, les logements vendus entre 500 000 et 2 000 000 d’euros ne laissent pas beaucoup de doute sur la richesse que brasse cette région. Pourtant, le logement est difficile d’accès pour une part croissante de la population et le logement précaire est massivement répandu, comme le rappelle, régulièrement, les associations engagées contre le « mal-logement ». Les populations les moins aisées, ceux qui ont des accidents de parcours, de graves difficultés durables ou passagères, les roms mais aussi les migrants et les réfugiés ne trouvent pas à travers les politiques de solutions réellement adaptées à leurs situations. Tous les hébergements temporaires sont saturés, parfois peu lisibles ni accessibles – la précarité, c’est aussi la difficulté de se déplacer – et la plupart sont inadéquats : on ne peut pas y cuisiner, on ne peut y accueillir aucun invité (comme si être plus pauvre, c’était renoncer à la vie sociale), et surtout ils ne permettent pas de lier à l’habitat un travail souvent nécessaire[1].

Nous avons choisi de montrer, pour cette Biennale, à quel point l’attention à chaque situation ordinaire pouvait tout changer. Or nous sommes dans ce cas au paroxysme du déni d’attention : déni de la part de l’administration et de l’État, pour qui tout phénomène qui ne rentre pas dans un cadre normatif n’a pas d’existence, ni de justification ; déni citoyen d’une réalité pourtant bien présente, mâtinée de relents racistes insupportables.

Faute de réponses idoines, la vie s’organise. 20 000 personnes sont concernées jusqu’à aujourd’hui par cet habitat informel bricolé sur des terrains publics – un chiffre très faible, bien inférieur aux 3 500 000 de personnes souffrant de conditions de logement très dégradées, et aux 10 000 000 impactées par la crise du logement française[2]. Pourtant, les taudis qui pallient dans tous les anciens quartiers le défaut des politiques de logement depuis plusieurs décennies ne font pas la une des journaux. Même les logements sociaux neufs sont trop chers pour 20 à 30 % de la population, qui doit se rabattre sur des solutions où la précarité des baux se dispute souvent à l’insalubrité et à la surpopulation. Mais le buzz médiatique du prime time, ce sont les expulsions manu militari de quelques abris informels, dont chaque épisode coûte, au bas mot, entre un et trois logements sociaux[3]. Ainsi, on ne sait rien de plus, ni sur les campements informels et l’histoire de ceux qui y habitent, ni sur les maux du logement. Cette perversité médiatique ne nous rassure pas sur l’état de notre démocratie, où tous les sujets politiques sont biaisés par le spectaculaire et le populisme.

Les bidonvilles – appelons les par leur nom – ne sont donc non pas un « problème » mais la seule réponse possible à une défaillance sociétale, à des inégalités et une fragilité qui s’accroissent. Cette réponse informelle ne produit pas des lieux confortables ni même habitables, elle est insatisfaisante, mais elle est préférable à sa démolition systématique, comme le soutient Pascale Joffroy, enseignante à l’École d’Architecture de la Ville et des Territoires à Marne-la-Vallée, où elle dirige un atelier Bidonville et habitat précaire. Avant l’évacuation, les habitants ont un « chez-soi », des repères, des voisins, une organisation sociale. Après, ils n’ont souvent plus rien. P. Joffroy souligne à propos du logement informel : « qu’il puisse être respecté et admis comme habitat provisoire, sas d’entrée ou refuge de situations atypiques résiste à nos pensées bétonnées du standard, du long terme, du confort individualisé et de la ville moderne. Entre le cynisme installé d’une ville générique où rien ne serait possible et les solutions messianiques remises à demain, nous pourrions plutôt interpeller concrètement un changement de statut pour les quartiers autoconstruits, leur trouver espace et temps dans la fabrique planifiée de nos villes, apprendre à leur être utiles dans nos pratiques d’architectes[4]. »

Regarder la réalité en face, comprendre, rencontrer, écouter. Ce travail demeure marginal mais il est vital. Comme le rappelle Cyrille Hanappe, directeur de la formation de Master sur L’architecture de la résilience à l’École d’Architecture de Paris-Belleville, il faut reconnaître l’existence de bidonvilles au sein des villes françaises, cesser de considérer que ce puisse être uniquement un sujet lointain, cantonné dans les pays les plus pauvres de la planète. La connaissance du sujet est pourtant encyclopédique, l’engagement des associations a une longue histoire, comme celui des chercheurs : Colette Pétonnet, Jacques Dreyfus, John F.C. Turner ont notamment été défricheurs[5]. Les écoles d’architectures, avec certaines facultés d’urbanisme et de géographie, sont aussi très impliquées. On notera notamment, à Calais, un Atlas de la Jungle coordonné par le collectif Perou, avec l’appui de huit écoles, dont l’Institut de Géographie alpine de l’Université Joseph Fourier à Grenoble et le Master dirigé par Cyrille Hanappe. Cette dernière équipe a produit un relevé extraordinaire de cette réalité mouvante et dramatique, mais au sein de laquelle, comme le souligne Sébastien Thiéry[6], la part d’humanité et d’urbanité domine sur la sauvagerie de la situation. Sous les tentes fragiles apparaissent écoles, mosquées et églises, restaurants et auberges, magasins et petites activités urbaines. Une forme de richesse nouvelle naît de conditions pourtant extrêmement dures.

L’informel, les architectes… et les autres.

Pour cet habitat informel, à quoi donc servent les architectes ? Des perspectives et des points de vue différents cohabitent, entre une fascination pour le bidonville qui serait « la clef de l’urbanisme du futur » ; le patient observatoire des situations (salutaire, et souvent pluridisciplinaire, comme le Pérou à Calais) ; l’intervention directe pour construire, souvent avec des étudiants, des abris ou des équipements ponctuels ; une réflexion plus large pour organiser les campements, une attention portée au sol, à l’écoulement de l’eau et aux accès ; une présence plus discrète pour aider à l’autoconstruction, à la réparation… Ces manières de faire se complètent et, selon les cas, c’est plutôt l’une et l’autre qui est pertinente. Pascale Joffroy a créé l’association Système B, qui s’est concentré, à deux pas de l’École d’Architecture de Marne-la-Vallée, sur l’amélioration des accès et de l’étanchéité des abris, mais surtout sur la création d’une école maternelle parallèle et tout aussi informelle, grâce à laquelle les mamans laissent leurs enfants et partent travailler. Cyrille Hanappe a construit avec ses étudiants des toilettes sur le campement de Ris-Orangis, et, après les relevés effectués avec Perou à Calais, s’investit dans l’accueil des réfugiés à Grande-Synthe. Beaucoup louchent avec respect sur l’expérience décisive de Rural Studio dans les campagnes déprimées de l’Alabama. En France, où les bidonvilles restent limités, les situations sont variables et ne progressent qu’avec une approche adaptée au contexte.

Nous avons choisi de témoigner d’une position médiane, où l’architecture joue son rôle sans jamais oblitérer la part d’informel et la capacité au recyclage et à l’autoconstruction. Comme dans les autres situations explorées pour « Nouvelles richesses », l’architecte n’est pas seul. Les habitants sont directement impliqués, avec l’appui d’une association, et la collectivité n’est jamais très loin.

Toutes informelles que soient l’autoconstruction et la gestion du campement, aussi énergique soit l’action associative et inventive l’implication des habitants, nous défendons que les conditions de vie y dépendent pour beaucoup de la position de la collectivité publique. En l’occurrence, à Saint-Denis, la commune met à disposition de l’association Coup de main un terrain qui, même bien mal situé dira-t-on avec cynisme, stabilise la situation juridique des habitants[7]. Une attitude plus positive vis-à-vis des bidonvilles ne peut pas conduire à sous-estimer ou à abandonner la nécessité de l’action publique. Ici comme dans les autres témoignages de « Nouvelles Richesses », l’invention d’autres méthodes plus directes, la collaboration citoyenne ou l’autoconstruction ne dédouanent pas la collectivité et le politique de leur responsabilité.

À Saint-Denis, l’association Coup de main[8] disposait sur ce terrain de la ville de plusieurs modules de chantier Algeco[9] assez dégradés et donnés par une entreprise de travaux publics. Elle souhaitait organiser sur ce site l’hébergement de familles roumaines et/ou roms. Comme le souligne l’architecte, la finalité n’est pas seulement de donner un toit et des conditions d’habitat à peu près décentes (cuisine, salle de bain, sanitaires, eau courante et chauffage), mais aussi culturelle et sociale, pour « acclimater » des personnes en grande difficulté, et parfois repliées sur elles-mêmes, aux contraintes de la vie en communauté, au contact parfois conflictuel avec les autres. Il s’agit aussi de briser le « cercle vicieux » qui fait que les jeunes enfants hébergés dans les conditions les plus difficiles ont tendance à ne pas s’intégrer, et les aider, par cette forme de convivialité relative, à aller vers l’extérieur, à se préparer à une vie future moins précaire. Cela ne va pas de soi.

En accord avec Coup de main, un workshop mené par Julien Beller, architecte et enseignant à l’École de Versailles. Beller évoque déjà l’idée d’une double façade et de la récupération de baies. Les étudiants proposent de couvrir les Algeco d’un chapiteau récupéré. Ce projet n’est pas aisé à mettre en place : le chapiteau est en réalité un ouvrage assez technique et sophistiqué qui n’est pas forcément adapté aux moyens de l’autoconstruction. Les responsables de Coup de main appellent Niclas Dünnebacke, architecte engagé dans l’association Architectes sans Frontières. Celui-ci confirme la difficulté.

Le temps passe. L’association Coup de main a soudain une opportunité : elle peut récupérer 500t fenêtres en bois issues d’un chantier de rénovation, de tailles hétéroclites, mais de bonne qualité, avec double vitrage. On rappelle Dünnebacke. Il faut décider vite, on décide de donner suite. Reste à mettre au point un projet, que l’on baptise La passerelle, pour insister sur les objectifs d’intégration. Ce travail se nourrira d’une complicité entre les responsables de l’association (dont Juan Oswaldo Rodriguez ) et l’architecte. Tous deux visitent plusieurs campements, dont Montreuil. On doute beaucoup. On discute de l’organisation du projet : plusieurs modules seront consacrés à des fonctions communes, comme les cuisines et les salles de repas, toujours pour mêler la vie de chacun à une organisation collective. Reste à savoir comment construire, et que faire des fenêtres.

Bricolages savants

On ne sait si c’est la formation d’origine, à Stuttgart, de cet architecte d’origine allemande (Westphalie) et acclimaté en France, ou le résultat de ses échanges avec l’association, mais la passerelle fait preuve d’une belle inventivité constructive. On retrouve le plaisir du vernaculaire intelligent, de l’optimisation, de la juste correspondance des décisions, de la mesure des détails. Niclas Dünnebacke avait déjà exploré ce que cette sobriété pouvait offrir : dès 1992, il s’installe dans le nord de l’Allemagne de l’Est à Stralsund. Un « terreau » fertile, où tout demeurait comme suspendu dans le temps, sans que l’on ait ni songé à démolir, ni pris le soin d’entretenir – contrairement à l’Ouest, où tout était soit rasé, soit reconstruit de frais et bien rangé. Dès lors, dans cet environnement fragile aux moyens ténus, « la position de l’architecte ne pouvait être colonisatrice, mais plutôt fondée sur la découverte patiente », selon ses mots.

L’association insiste sur deux difficultés premières de ce site dyonisien : se protéger du froid (les factures d’électricité dans les conteneurs existants sont trop élevées), et se protéger du bruit.

L’architecte propose donc d’insérer les modules industriels entre deux couches de fenêtres assemblées, une double peau, et de protéger l’ensemble par un toit fiable en onduline – les Algeco fuyaient. Au sud, cette paroi vitrée reconstituée est séparée d’un mètre de la façade des deux niveaux de modules, pour laisser sécher le linge et au besoin, au rez-de-chaussée, cultiver quelques légumes – ou même stocker comme aujourd’hui, l’architecte confessant que c’est un peu « le boxon » –. Comme les fenêtres sont isolantes, l’atténuation du bruit comme du froid est efficace.

Comment assembler les fenêtres ? Dünnebacke propose une solution simple, le moisage des cadres par des planches clouées de part et d’autre, et une répartition habile des géométries hétérogènes afin de limiter les rebus et les chutes. Cette double astuce s’inspire directement des travaux de Walter Segal[10], architecte anglais pionnier de l’autoconstruction. Le détail de fixation de ces pièces de bois sur les cadres métalliques des Algeco est basique, mais solide et impeccablement résolu. Pour couvrir les deux niveaux de modules Algeco, la toiture est composée de fermettes en bois récupérées et de plaques d’onduline, matériau léger et économe fait de carton imperméabilisé. Le chéneau en planche couronne la paroi sud, et son conduit recouvert de caoutchouc – 500 euros de fourniture, une des rares dépenses du projet – est suffisamment large pour que l’on puisse y accéder avec facilité.

Pour éviter la surchauffe estivale, des ouvertures sont ménagées au pied de la paroi, la convection se faisant par le haut sous les fermettes, ouvertes à l’arrière. L’hiver, des sacs de sables ferment avec simplicité l’accès d’air en bas, et une bâche protège le toit de la pluie sur l’arrière du rampant. Petite anecdote : ces bâches exposées le long des voies ferrées du Thalys sont d’anciens kakémonos géants du Centre Georges Pompidou, données par une connaissance sous réserve que leur disposition ne laisse pas croire à la permanence d’une exposition depuis longtemps démontée…

Simple et efficace, le dispositif brille d’intelligence constructive. Il a permis une construction par les habitants et les autres membres de l’association, appuyés ponctuellement par des constructeurs d’Emmaüs. Il active avec modestie des savoir-faire issus du vernaculaire (la construction bois légère) comme de l’architecture savante (Segal et ses influences japonaises). Il utilise bien à propos les systèmes des premières architectures passives (David Wright), pour diminuer les nuisances du site comme du climat, et modérer la précarité énergétique des familles. Si la passerelle se distingue de la maison des jours meilleurs élaborée par Jean Prouvé pour l’Abbé Pierre en 1954, ce n’est pas seulement par sa rusticité. L’édifice est construit de manière très pragmatique, selon la situation et les ressources du moment. Il ne prétend pas à une solution générale, reproductible. Mais il procède d’une attention comparable, où l’architecture a son rôle à jouer.

Passerelle

La passerelle de Saint-Denis joue sans doute son rôle d’intégration des familles qu’elle abrite. Mais sa « leçon » va au-delà. Pour l’architecture, elle nous mène dans deux directions.

D’une part, elle interroge nos positions sur l’habitat informel. Certains trouveront que cette construction est un peu trop maîtrisée. Mais nous y voyons un engagement salutaire, qui ne se contente pas d’une observation fascinée de la résilience des plus fragiles, mais leur apporte un savoir-faire, quelques idées utiles et susceptibles d’être partagées, diffusées. Ce projet instaure une forme de nouveau vernaculaire, entre le maître charpentier et le bricoleur de génie : domestique et savante.

D’autre part, elle nous met face aux contradictions de la production contemporaine du logement. Non, ni l’industrie, ni les politiques publiques, ni le renforcement des normes, ni encore moins l’aberration du Building Information Management (BIM) généralisé et obligatoire ne permettent de loger toutes les populations. Non, certains d’entre nous ne peuvent tout simplement pas vivre dans les cellules prédéfinies et stéréotypées que sont devenues l’ordinaire des appartements – et des maisons, pourrait-on dire, qui se ressemblent toutes, et sont faites pour des couples d’employés avec enfants, chien et voitures –. Non, la séparation radicale entre habitat et travail empêche toute une série d’activité de naître. Le logement est en crise pas simplement parce qu’il est trop cher et mal situé, mais aussi parce que sa conception d’ensemble demeure figée, parce la variété de ses dispositifs n’a pas suivi les évolutions sociétales.

Or, ces logements  « informels » nous informent : ne nous aideraient-ils pas à penser autrement, passer à autre chose et avancer ?

[1] Cette analyse a été livrée par Pascale Joffroy, architecte et enseignante à l’École d’Architecture de la Ville et des Territoires à Marne-la-Vallée.

[2] Ces chiffres sont issus du vingtième rapport de la Fondation Abbé Pierre, janvier 2015.

[3] Soit 100 000 à 300 000 euros, chiffres confirmés par Pascale Joffroy et Cyrille Hanappe.

[4] Lire à ce propos l’article très engagé et très bien argumenté de Pascal Joffroy, « Pour les bidonvilles en France »  in magazine d’Architectures #239, octobre 2015

[5] Pascale Joffroy, ibid. p. 38

[6] Sébastien Thiéry, politologue, est le coordonateur du collectif Perou.

[7] Même si, comme le note Pascale Joffroy, résider sans titre, et sans autorisation, ne prive pas l’habitant de droits : le droit international, la constitution et certains textes législatifs garantissent un minimum d’attention et de respect envers les habitants. Rappelons que l’État français a été condamné à plusieurs reprise par la Cour européenne des Droits de l’Homme, par exemple, pour sa gestion du campement de la « jungle » à Calais.

[8] L’association est dénommée désormais Coup de Main Emmaüs , depuis qu’elle s’est intégrée à Emmaüs au cours de ce chantier. Niclas Dünnebacke souligne d’ailleurs que ce rapprochement avec Emmaüs, nécessaire pour des raisons essentiellement financières et organisationnelles, a entraîné une collaboration, pendant la construction, avec Les bâtisseurs d’Emmaüs, une autre organisation du groupe, investie dans l’insertion sociale par le travail.

[9] « Algeco », acronyme de Alliance et Gestion commerciale, est une entreprise française créée en 1955, devenue européenne (allemande, puis britannique), et spécialisée en constructions légères modulaires, principalement utilisées pour les installations de chantier.

[10] Walter Segal, 1907-1985

 

Architecte
- Niclas Dünnebacke
Maître d’ouvrage
- Coup d’Main association
Programme
- Logements d’urgence « La Passerelle »
Lieu
- Saint Denis
Année de livraison
- 2013
Surface
- 800 m²
Coût
- 0.08 M € HT