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Auteur(s): Rennes Catherine Rannou et Mathieu Le Barzic
Contributeur: ENSA Bretagne et ENSA Val de Seine

Trans-rural Lab

Le modèle breton de production agricole intensive mis en œuvre après la Seconde Guerre mondiale a profondément marqué le paysage rural et a bouleversé les pratiques sociales traditionnelles. Les dégâts occasionnés par ce modèle intensif sont visibles et aujourd’hui dénoncés. Les dysfonctionnements écologiques, la pollution aux nitrates, la prolifération des algues vertes sur les littoraux, les bâtiments amiantés, etc., sont les traces visibles de processus plus profonds qui affectent et l’espace paysager – bâti et géographique – et les cohésions sociales et culturelles qui organisaient ces territoires. Le modèle économique de production intensive selon lequel s’était développé l’agriculture en Bretagne est devenu caduque.

Les logiques de concentration du modèle de production intensive ont entraîné des fermetures d’exploitations et l’abandon de surfaces bâties considérables: usines, silos, hangars, fosses, surfaces bitumées. Que faire de ces constructions et installations polluées et polluantes? Détruire, réhabiliter, réaffecter ou démonter?

La plateforme d’enseignement Trans-Rural Lab créée en 2015 à l’ENSA (Ecole nationale supérieure d’Architecture) Paris-Val de Seine est la poursuite d’une expérience pédagogique expérimentale Hyper-situations – agroalimentaire mise en place initialement par Mathieu Lebarzic, Eric Hardy et Catherine Rannou à l’ENSAB en 2012.

Ne pas consommer de terres agricoles, voire en restituer, est une des conditions des projets. Il s’agit d’envisager des scénarios de transition pour ces exploitations et une programmation sur 20 ans minimum dans un contexte d’économie faible et incertaine. C’est l’occasion de réfléchir à l’autonomie énergétique et alimentaire des habitants, la réutilisation des bâtiments d’élevage «mal aimés» et les ressources matérielles et humaines du site.

En 2014, le maire de Caulnes met à disposition de Trans-Rural Lab une exploitation agricole en cessation d’activité, pour des projets artistiques, architecturaux et paysagers qui expérimentent des dispositifs de transition énergétique et de résilience du site et du territoire.

Les bâtiments futurs seront conçus et construits par les habitants et les étudiants déjà engagés sur le projet accompagnés par des entreprises locales volontaires.

L’architecture et l’agriculture doivent ainsi chercher nécessairement à devenir plus vivrières qu’alimentaires.

Programme : Projeter de nouveaux usages pour des exploitations agricoles en déshérence