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Contributeur: BRINGAND Flore, Architecte Conseil de l'Etat

Sur le front du conseil et de la sensibilisation

Extrait de la contribution de l’Architecte Conseil de l’État du Morbihan aux actes de la Journée départementale du Lotissement 2014 :

Sortir de la ville « Fragmentée » et de la « banalisation du territoire »

Au-delà de l’enjeu de la réduction de la consommation de l’espace et des ressources, il y a des enjeux qualitatifs essentiels, dont l’intégration urbaine et paysagère et plus fondamentalement la cohésion socio-géographique des citoyens mise à mal par le double effet de la fragmentation et de la banalisation du territoire.

L’accélération de la croissance urbaine s’est accompagnée du phénomène de périurbanisation qui se caractérise par la fragmentation des communes et des territoires. L’éloignement, l’enclavement et l’isolement de ces extensions urbaines, souvent monofonctionnelles (lotissement, zone d’activités, zone commerciale et de loisirs…) a engendré de nombreux effets urbains et sociétaux dont l’allongement et l’augmentation des motifs de déplacements au quotidien, le mitage des espaces naturels ou agricoles, le repli résidentiel et la ségrégation géographique pour les citoyens les moins favorisés et les jeunes générations sont les plus marquants.

« Densité », « qualité » mais aussi « bien commun »

Au-delà de la qualité apportée à l’implantation et à la conception des lotissements, l’ambition de créer du « bien commun » paraît indispensable si l’on souhaite résoudre l’équation urbaine et humaine de l’aménagement du territoire dont les enjeux sont de deux ordres :

Il y a « ce que l’on soustrait », avec la substitution notamment d’un espace naturel ou agricole par un espace urbanisé et qui, bien souvent, est vécu par les riverains comme confiscation d’un pan du paysage, et il y a « ce que l’on donne », si l’on pense l’extension urbaine ou le lotissement en particulier comme un outil de cohésion de la commune et non seulement comme un outil de développement.

Une perspective qui induit la définition d’objectifs d’aménagement à l’échelle du territoire, de la commune et du lotissement lui-même pour mettre en place les conditions d’un « apport » du lotissement pour la collectivité, pour la qualité de vie des citoyens-habitants et la qualité de l’espace urbain et paysager.

Autrement dit, une extension urbaine (lorsqu’elle est nécessaire) devrait, socialement et spatialement, « redonner plus qu’elle n’a soustrait ».

Programme
- Résorber l'étalement urbain