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Auteur(s): OBIKA et émeline Curien, architecte chercheuse au LHAC (Laboratoire d'Histoire de l'Architecture contemporaine), Maison de l'Architecture de Lorraine

Reconversion de la Chapelle Sainte-Geneviève

Au cœur du Parc régional de Lorraine, la reconversion de la Chapelle Sainte-Geneviève à Saint–Maurice-sous-les-Côtes est le fruit d’une rencontre portée par la volonté de valoriser le patrimoine existant sur un territoire rural: lui donner une seconde vie, transformer ce lieu de culte en lieu d’accueil pour les randonneurs ou les manifestations culturelles.

«Ce qui frappe d’emblée dans le travail de Katarina Malingrey et Caroline Leloup, c’est cette capacité à allier une approche pragmatique, un « bon sens paysan » qu’elles revendiquent, et un univers poétique qui en appelle à l’enfant qui demeure en chacun de nous. Raconter des histoires au travers de leur projet est au cœur de leur pratique. Il s’agit autant de se figurer des usages futurs, des postures, que de développer au sein même du quotidien, un imaginaire autour du projet et de ses significations. La petite extension de la chapelle Sainte-Geneviève, destinée à accueillir les randonneurs, devient ainsi « une belle au bois dormant » qui semble avoir toujours été là à nous attendre à la lisière de la forêt. Les quelques ampoules disposées sous la charpente suffisent à créer une atmosphère singulière. Les dispositifs architecturaux qu’elles mettent en place sont simples. Elles reprennent à leur compte les mots du paysagiste Gilles Clément, qui propose de faire avec et non contre. Faire avec les matériaux locaux, avec les artisans proches géographiquement parce que ça donne du sens à leur pratique qui intègre un vrai engagement écologique: connaître le lieu, utiliser le déjà-là, mettre en œuvre des matériaux respectueux de l’environnement.

Si elles choisissent souvent le bois dans leurs réalisations, c’est pour son intelligence constructive, mais aussi pour sa modularité qui permet une mise en œuvre rapide. à la chapelle, la répétition des fermettes à petits bois forme la voute de l’extension. Diminuer les sections et démultiplier les pièces permet au projet de se cristalliser dans sa structure. Cette attitude est décrite par les architectes comme étant avant tout pragmatique. Dans un contexte économique tendu, il n’existe aucune possibilité d’ajouter, d’habiller, de « décorer« . Cette stratégie permet de « faire architecture » quand la demande du maître d’ouvrage ne consiste qu’en une mise aux normes d’un existant. Inventer la commande, la simuler par des échanges entre elles, c’est élever le niveau d’exigence. Pour elles, c’est une façon d’exercer leur responsabilité en tant qu’architectes, dans une société qui estime souvent pouvoir se passer de leurs compétences.»

Programme : Lieu d'accueil pour les randonneurs