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Auteur(s): Bastien BEGUIER et François JAUBERT

Pavillon et square urbain

Gignac La Nerthe est une commune provençale des environs de Marseille en France.

Développant l’agriculture depuis le moyen-âge, la ville a connu sa réelle expansion à partir des années 1960 avec les premiers rapatriés d’Algérie et une politique d’urbanisation pavillonnaire en relogeant les habitants des quartiers Nord de Marseille. La ville de Gignac s’est ainsi « densifiée » par un mitage du territoire issu de la dé-densification des grands ensembles marseillais.
Aujourd’hui, totalement rongé par cette expansion de parcelle individuelle, le centre ville ne laisse que peu de respiration urbaine et d’espace public.

Complètement déserté, il subsiste toujours une église, un lavoir, l’Hôtel de Ville et sa place, une grange, une maison de ville et plusieurs terrains vagues.
Partant de ce constat, la municipalité lance une politique d’acquisition foncière afin de reconquérir son centre ville, de créer une centralité autour de la mairie par un projet d’espace public à l’échelle de la ville et de ses habitants.
Par une série de workshops, Comac et l’équipe municipale définissent le programme et ses enjeux : un espace pluri-générationnel, un lieu de rencontre, de vie et d’échange autour de plantations locales renvoyant l’image de l’espace provençal authentique.

L’enjeu était d’unifier un ensemble de composantes urbaines disparates. Assembler et recomposer une centralité à partir de la place de l’Hôtel de Ville, le Boulevard Perier, le lavoir, la grange et les terrains vagues bordés de parcelles pavillonnaires.

C’est en démolissant la maison de ville attenante à la grange que le projet vient créer la principale respiration urbaine du centre ville, étendant la place de la mairie au delà du Boulevard Perier, l’étendant jusqu’aux terrains résiduels pour former près de 3 000 m2 d’espace coalisé.

Cet aménagement urbain disposant de différents espaces au caractère, ambiance et usage variés constitue aujourd’hui un véritable outil à disposition de l’équipe municipale pour y développer une politique sociale en faveur des gignacais.
La maison démolie présentait un sol revêtu de carreaux ciments colorés typique de la région et d’une époque.

Ces éléments déposés et conservés ont été réemployés pour habiller la table maçonnée de la grange à ciel ouvert.

Ils sont également à l’origine du motif faïencé présent sur les façades du pavillon.
C’est à partir du dessin originel des carreaux, réinterprété dans les couleurs du drapeau provençal, que ces façades ont été dessinées.

Le motif permet aujourd’hui d’identifier le projet en lui conférant une image de modernité au travers d’un symbole issu de la tradition locale de la construction.

Programme : Pavillon, square urbain, grange, lavoir, jeux d'enfant