Auteur(s): BLOCK architectes

Maison Seguin

2002, Les Herbiers, commune moyenne, un règlement, des règlements… Un Plan d’Occupation des Sols en Zone patrimoniale, une parcelle inondable. Gabarit et matériaux imposés, enduit gratté, tuile canal. «On a des modèles tout faits ma petite dame, choisissez dans notre catalogue… Je vous en mets pour combien?»

Situation qui conduit presque à chaque fois au modèle néo-régionaliste des pavillonneurs.

Comment échapper à cette situation sans être hors-la-loi?

Comment proposer autre chose?

Sortir du catalogue, l’abandon d’un modèle vide de sens.

Peut-on se raconter une autre histoire?

Peut-être peut-on démonter le modèle et remonter la maison autrement?

La laisser dériver du terrain, l’évider de ses espaces étriqués, lui percer la tête et les flancs, laisser entrer l’air et la lumière, pour qu’elle respire enfin.

La maison d’une vie ne mérite-t-elle pas qu’on s’y attarde juste un peu, qu’on interroge au moins le lieu, la position du terrain, son orientation, son altimétrie…

Comprendre que la position d’un terrain plus bas que la route est déjà le début d’une histoire, celle d’une passerelle qui mène à un îlot entouré de végétal, la maison les pieds dans l’herbe, la tête dans les étoiles. Une maison «île» avec des doubles hauteurs articulées autour d’un escalier à vis, de l’air, de la hauteur, la lumière qui arrive de tous les côtés, par la rue, par le toit. On monte, on monte… une mezzanine, des jeux d’enfants, une vue sur le grand salon vertical. On monte… les chambres, une autre passerelle derrière l’escalier, puis la serre, des plantes le jour, les étoiles la nuit…