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Auteur(s): Alexandre FAVE et Maryse QUINTON

Maison individuelle à Crac’h

À bien des égards, la maison réalisée par Alexandre Favé à Crac’h en Bretagne est un modèle, non pas d’un point de vue formel, mais au regard de ce que peut offrir l’architecture quand elle est le résultat d’un dialogue fertile entre tous les acteurs d’un projet.

Dans cette histoire, il y a les propriétaires dont l’ouverture d’esprit fut un moteur du projet. Pas d’a priori, rien à revendiquer, juste la possibilité d’un site complexe. D’aucuns auraient fui, eux ont été séduits. Sans idée préconçue, ils ont avancé pas à pas, s’adaptant aux fortes contraintes d’un terrain difficile à dompter.

Il y a l’architecte qui, avec ses clients et face à ce site délicat – une prairie humide, isolée et ceinturée de grands arbres –, a su faire montre d’ingéniosité. Ensemble, ils élaborent des hypothèses à valider et s’engagent dans un processus qui prend la forme d’un jeu scientifique, expérimental. Il y a enfin les entreprises qui ont su revoir leurs habitudes au seul profit du projet.

Parce qu’il est difficilement accessible, non raccordé aux réseaux, administrativement complexes, le site va énoncer l’équation à résoudre. À Crac’h, l’intégration au contexte ne cherche pas la déférence absolue par une approche mimétique. Le projet ne s’intègre pas à son environnement, il crée des relations avec son milieu, celui qui a imposé les règles du jeu.

La dimension éminemment responsable de cette maison ne fut pas décrétée a priori, encore moins énoncée sous forme de performances à atteindre. Certes, le couple souhaitait être le moins impactant possible sur l’environnement et en phase avec sa philosophie de vie, mais ne cherchait nullement la démonstration.
Le programme s’organise en deux volumes distincts : l’habitation et un atelier séparés par une terrasse. Sur deux niveaux, l’ensemble s’appuie sur une géométrie simple et rationnelle ainsi qu’une structure rendue parfaitement lisible par sa trame répétitive de 3,60 m. Au-delà de son efficacité, cette modularité du système constructif répond également à la volonté des clients d’une maison qui puisse évoluer dans le temps et dans l’espace.

Pressenti en amont pour ses vertus durables, le recours au bois s’est logiquement imposé au regard de l’accès limité au terrain. Les dispositifs écologiques (phytoassainissement, récupération des eaux de pluie, toilettes sèches, etc.) sont nés de l’adaptation aux contraintes en place. La maison fonctionne en autonomie non pas par posture intellectuelle mais par nécessité. Elle est le résultat de la rencontre entre un architecte, une famille, son mode de vie et un milieu.

Programme : Maison individuelle