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Auteur(s): Tectoniques architectes et Adelfo Scaranello

Une démarche engagée

Le Parc naturel régional du Haut-Jura fédère 113 communes de l’Ain, du Doubs et du Jura, et s’étend sur 165 000 hectares. La vocation de la Maison du Parc est avant tout conservatoire : elle assure la préservation des sites et des savoir-faire locaux tout en étudiant une mission exploratoire du développement territorial.
Le principal objectif de notre démarche est d’exprimer cette médiation entre préservation et développement. La lecture du nouvel équipement ne doit pas permettre d’identifier ce qui vient de l’histoire et de la culture locale de ce qui procède d’une démarche contemporaine et globale.
La forme du nouveau bâtiment est une évolution directe de l’architecture traditionnelle, transcrite avec une plus grande abstraction géométrique et une matérialité différente, qui confirment le caractère contemporain de notre intervention.
Le second thème est induit par le programme, mais correspond à nos propres motivations de concepteurs et de citoyens :
construire des bâtiments propres, de manière raisonnée, simplement et sans faux-semblants. Cette position instruit un état de l’architecture dans son environnement qui n’est pas condamnée à se camoufler pour se fondre, ni à mimer l’organique pour paraître naturelle.
Sur les procédés constructifs, nous privilégions la préfabrication en filière sèche. Elle présente des avantages en termes de mise en œuvre. Le chantier est limité à un assemblage de pièces préparées en atelier, ce qui atténue largement l’impact des conditions climatiques extrêmes du site de l’opération.
Elle permet aussi une adaptabilité et une réversibilité des espaces et des ouvrages.
Dans ce cas, filière sèche se conjugue avec filière bois, avec la volonté affichée de soutenir les filières de production, de transformation et de mise en œuvre locales. Le Jura est une des régions de France où la filière bois est la plus active et la plus diversifiée. Le bois, et plus spécifiquement l’épicéa du Haut-Jura, est un élément clé du projet avec son utilisation en structure, en vêture et comme ressource énergétique.
Les façades extérieures sont protégées avec des tavaillons en planchettes d’épicéa fendues. Ils sont utilisés dans l’architecture vernaculaire pour protéger les façades les plus exposées au vent, en formant une double peau. L’enjeu est bioclimatique mais aussi politique puisqu’il s’agit de défendre une pratique constructive menacée pour laquelle le Parc a établi une charte de qualité et créé une marque, « Tavaillon – Produit du Parc naturel régional du Haut-Jura ».
Sur le plan bioclimatique, nous défendons la « passivité technologique », où l’architecture assure par elle-même son efficacité, en limitant le recours aux systèmes et aux équipements techniques.

Programme : Maison du Parc naturel régional du Haut-Jura