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Auteur(s): Atelier Martel

Maison d’accueil spécialisée pour épileptiques

Le site est une friche entre pâturage et zone d’activités dans la frange semi-urbaine qui s’ouvre à la sortie de la petite ville de Dommartin-lès-Toul. Il s’étend en pente douce devant le parking de l’ancien hôpital américain et ouvre sur le panorama vallonné de la vallée de la Moselle.
En dépit de ses faibles qualités urbaines, la « zone d’activité », extension de la ville historique, constitue le lieu de travail ordinaire des architectes contemporains. La Maison d’Accueil spécialisée (M.A.S.) est un projet qui se nourrit de ce paysage et articule une réponse forte et poétique. Elle puise dans l’imaginaire de ces grands objets simples et autonomes : la manière dont on y accède – en voiture –, l’économie d’opérations architecturales, la compacité des objets qui répondent aux paysages. L’enjeu de ce projet périurbain réside dans sa capacité à récupérer le lexique de la ville éclatée pour en faire un objet chaleureux, bienveillant et permanent.
L’initiative de la construction d’une M.A.S. pour épileptiques était portée par une association de malades. Une méthode de travail participative a donc été mise en place en réunissant médecins, malades, architectes ainsi que l’artiste Mayanna von Ledebur. Le croisement des expériences qui a résulté de ce travail collectif a fortement impacté le projet : choix du terrain et des matériaux, rationalisation du plan, fabrication d’un univers protecteur et ouvert. L’engagement social fondateur du projet a permis de déployer un réseau de compétences très variées et d’exploiter un potentiel humain qui donne toute sa valeur à un bâtiment modeste en moyens.
Les contraintes économiques ont poussé l’Atelier à concevoir une méthode de travail qui se concentre sur l’essentiel : implanter un édifice au rez-de-chaussée, percer le volume de quatre grands patios, adoucir le béton brut par une matrice incurvée, parer les murs de tapisseries en laine colorée. Ces quelques décisions suffisent à flouter les frontières entre les mondes et à convoquer un cortège d’images qui complexifient l’univers du projet : c’est un hangar mais aussi un cloître, une maison, une place publique, une école, un terrain de jeu, un jardin.
Ce projet défend un processus de fabrication basé sur la mise en commun des expériences afin de détourner les formes ordinaires en des lieux spécifiques. Une discipline optimiste et engagée, qui reprend à son compte l’architecture vernaculaire de bord de route pour produire des lieux où l’on se sent bien.

Programme : Maison d'accueil spécialisée pour épileptiques