, , , ,

Auteur(s): Olivier MACLES et Marc-Antoine DURAND
Contributeur: ENSA Clermont-Ferrand

L’outilleur Auvergnat

Gosses de riches ?

La génération d’architectes qui sort des écoles aujourd’hui intègre, n’ayant rien connu d’autre, un état de crise généralisé comme condition initiale du projet.

S’il n’y a de crise que pour celui qui a connu l’abondance, cette génération a au moins la chance de ne pas travailler avec l’illusion d’un âge d’or perdu, mais avec la conscience que l’avenir de tous dépend de sa capacité à l’inventer.

Dans ses travaux récents, Paola Vigano émet l’hypothèse d’une relation vitale entre le renouvellement des outils du projet comme forme spécifique de la recherche et l’« inexorable marginalisation de l’architecte et de l’urbaniste dans la société contemporaine »[1] contre laquelle il faut lutter.

Pour nos étudiants, il s’agit d’explorer les voies d’une nouvelle épistémologie du projet fondée sur la nature composite de l’activité des architectes et, surtout, comprendre cette activité dans la complexité des situations contemporaines auxquelles elle doit répondre. Dès lors, leur engagement dans un développement soutenable des territoires n’affirme d’autres ambitions que celles d’ouvrir des alternatives viables, et autant que possible joyeuses. La responsabilité qui pourrait être écrasante se révèle au contraire stimulante chez eux : si les revendications nouvelles du métier tiennent en cette extension des domaines de l’architecture, celles-ci travaillent à la définition de la nouvelle compréhension d’une discipline qu’ils espèrent ouverte et optimiste.

L’exercice projet, tel que mené dans le domaine d’études de Master EVAN, pose en préalable au développement de stratégies d’intervention, l’identification des déficiences dans les modes de production de l’urbain contemporain : le déficit de prise en compte de l’environnement du projet, la superposition maladroite des échelles de résolution, la gouvernance davantage motivée par la crainte du pire que par l’aspiration au meilleur, des documents d’urbanisme à l’unisson de ce peu d’ambition qui engendrent, in fine, un a priori négatif du grand public sur la profession.

A ces vieux réflexes, nous proposons de substituer un ensemble d’outils nouveaux ou réinventés. Car comme avec André Corboz[2], l’apparence des territoires dépend avant tout des instruments qu’on utilise pour les décrire.

[1]        VIGANO P. (2012), Les territoires de l’urbanisme, Métis presses.

 

[2]        CORBOZ André (2001), « La description : entre lecture et écriture », dans Le territoire comme palimpseste et autres essais, éditions de l’imprimeur.