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Auteur(s): Marc VERDIER
Contributeur: ENSA Nancy

Lisières urbaines, recomposer le périurbain

La « renaissance écologique des villes » passe par la reconnaissance de valeurs (eau, énergie, paysage, biodiversité, héritages bâtis, valeurs sociales, usages…) et leur composition dans une nouvelle pensée de la façon dont l’homme peut s’inscrire durablement dans des territoires. Affirmer des modes de vie et de développement contemporains, tout en passant un nouveau contrat avec la Terre, dans une perspective soutenable… Telle est l’ambition que nous tentons d’explorer à l’École d’Architecture de Nancy.

La périphérie des villes – accumulation de lotissements, de zones d’activités ou commerciales, de morceaux de nature captifs, de ronds-points… – est un terreau d’invention de la ville de demain.

Nous conduisons nos étudiants à la fois vers un débat de société et vers l’expérimentation du projet de conception architecturale à l’échelle territoriale et urbaine, en considérant que le rôle de l’école est de participer au débat public sur l’avenir du monde… et donc de nos jeunes générations qui étudient ici !
fronts de terre.

Les lisières urbaines assurent le lien entre différents types de territoires, d’usages, de fonctions, milieux riches en interfaces entre deux écosystèmes où les acteurs se croisent, où les hybridations sont les plus prometteuses… Tout est potentiellement ici à activer dans une belle ambition de construire des « fronts de terre » contribuant à inventer là une nouvelle forme de bien collectif.
Le périurbain n’est finalement qu’un morceau de ville « pas fini » et nos jeunes architectes en herbe, actifs de 2020 à 2060, seront ceux qui vont réactiver ces lieux. Ils ont enthousiasme et optimisme à infiltrer dans ces territoires du « ni-ni », ni ville, ni campagne… C’est-à-dire là ou beaucoup reste à inventer !
Le front, c’est celui où se côtoient les différences et les contrastes, c’est celui où l’on se bat pour les libertés nouvelles, c’est celui où l’on libère les énergies, c’est enfin là où nos jeunes générations se rassemblent pour se régénérer.
Nous, architectes, sommes sur ce front-là.

Et en l’occurrence, dans cette expérience, nous leur démontrons (à moins que ce ne soit le contraire…) qu’on respire ici l’air du large et que l’on refera le monde à partir de ces ports-là si l’on sait les féconder avec les bonnes matières (manières), en parler avec les bonnes paroles, y infiltrer les bonnes pensées et puis y initier les bonnes actions.

Programme : Réactiver le périurbain