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Auteur(s): Vincent DUCATEZ et Ghislain HIS
Contributeur: ENSAP Lille

La maison 2030

C’est à un ensemble complexe de questions qui touchent la profession que tente de répondre cet enseignement qui propose d’interroger la question de la matérialité de l’architecture, que celle-ci concerne la culture constructive ou celle, plus invisible, du confort (thermique, luminosité, qualité de l’air, acoustique, etc.). Il part du constat que la démonstration esthétique des bâtiments neufs n’est plus l’enjeu prioritaire de l’architecture et que la réhabilitation de masse des logements existants, en particulier en matière énergétique, est d’une pertinence contemporaine majeure. Cette analyse s’inscrit dans le constat, énoncé dès les années 1980 par Kenneth. Frampton entre autres, de la nécessité absolue pour les architectes de se préoccuper des dimensions constructives dans un champ large (de la politique à la poétique) plutôt que de participer au spectacle.

Son objet d’étude est la maison type 1930, réellement construite entre 1850 et 1950, avec une typologie très répandue dans toute l’Europe du Nord : des parcelles en lanière avec un seul mur mitoyen porteur entre deux maisons de deux à trois niveaux, construites en brique, d’une largeur standard comprise entre 4 m et 6 m, c’est-à-dire la portance maximale d’un madrier. Elles sont l’unité de base du quartier, telle une réponse pragmatique ancestrale aux nécessités de l’économie, du phasage, de l’urbanité d’une rue, voire déjà une réponse climatique. Cet enseignement participe des préoccupations de la Région Nord-Pas-de-Calais, en particulier autour de la « Troisième Révolution Industrielle », selon l’expression popularisée par Jeremy Rifkin, en ce qu’elle intéresse l’architecture : redéfinition des métiers, de l’économie (dont production, transformation et distribution de matériaux et matériels), des rapports citoyens et de la mise en œuvre.

Programme : Interroger la question de la matérialité