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Auteur(s): Alix de Mourgues, Joffrey Debrigode, Stanislas Skotnicki
Contributeur: ENSA Marne-la-Vallée

Habiter la limite

Dans le cadre de notre Master Transformation à l’École d’Architecture de la Ville et des Territoires à Marne-la-Vallée, nous avons abordé des questions d’évolutions urbaines d’un point de vue prospectif afin d’anticiper les attentes futures. La politique de centralisation parisienne ayant conduit à la création de territoires périurbains résidentiels, de nombreuses villes de banlieues sont transformées intégralement, moins de 40 ans après leurs créations, car ne répondant plus aux attentes actuelles.

Il s’agirait donc de transformer l’existant, devenu inadapté, sans en ignorer l’essence. La richesse d’une ville devrait être la capacité, pour ses habitants d’interagir et de partager les ressources urbaines. L’idée est donc de proposer un «vivre ensemble» plutôt qu’un «vivre à côté» dans ce processus de densification, tout en conservant au mieux l’existant. Il s’agit donc d’une transformation évolutive de l’espace urbain développée sur plusieurs temporalités. Notre intervention sur le quartier du Vert-Galant à Tremblay-en-France vise à densifier cette zone pavillonnaire située à proximité d’une gare dans le cadre du plan d’urbanisme du Grand-Paris. La position en cœur d’îlot, couplée à la typologie en patio, crée un nouveau type d’habitat respectant l’intimité et permettant de préserver la totalité des habitations et le cadre de vie des Tremblaysiens.

Ce projet part de la volonté de vivre autrement les 40 prochaines années en provoquant par notre intervention un courant de responsabilisation collaborative. Ainsi nous avons imaginé que la raréfaction de certaines matières premières conduirait à une hausse des prix et donc à une limitation des équipements individuels. L’exemple de la laverie nous montre que le partage d’équipements est possible. Ce projet génère une rupture avec le mode de vie du Vert-Galant constitué de pavillons individuels bien équipés, de peu de service ou commerce de proximité générant peu de lieux de vie sociale.

Nous souhaitions développer cette idée de mutualisation des équipements tout en gardant la sphère intime et privée agréable à vivre. Ces espaces seraient donc les lieux privilégiés de création de lien social et d’interaction entre les habitants nouveaux et anciens au travers des enjeux environnementaux (utilisation du gypse local), sociaux (partage, interaction) et urbains (nouvelles liaisons) de demain.

Repenser la transformation du quartier permet alors d’exploiter les richesses qui caractérisent le lieu.