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Auteur(s): Cécile Gaudoin architecte et Yvan Le Goff, habitant, Maison de l'Architecture de Bretagne

Habitat groupé coopératif

La Cie.Rit est le nom d’un collectif d’habitants de quatre foyers réunis autour d’envies communes d’habiter en partageant des espaces, des biens et des façons de faire.

Envie de se (ré) approprier l’immobilier: ils mettent en œuvre une expérience concrète d’autogestion, assurant l’autopromotion et en grande partie la construction.

Envie aussi d’intégrer les dimensions écologiques, sociales et culturelles, en s’entourant des compétences de professionnels de l’architecture, des savoir-faire et des ressources de leurs amis, pour les aider à donner forme à leur projet.

«[…], le collectif s’est structuré sous une forme coopérative et a fonctionné de manière horizontale. Ces choix, qui constituent une forme pratique d’autogestion dont l’intérêt économique s’est révélé très pertinent, ont été faits dans une recherche d’autonomie, d’émancipation et de modes de vie plus collectifs et écologiques. Ils sont constitutifs d’un engagement politique.» (Yvan, habitant)

Ce projet allie le rêve et la poésie au pragmatisme: faire ce que l’on a envie, ensemble, faire simple et efficace, le tout dans une économie de temps et de moyens.

L’habitat de la Cie.Rit s’installe sur une parcelle du centre bourg de Saint-Germain-sur-île, petit village proche de Rennes desservi par le train.

Le dispositif spatial s’est attaché à offrir un espace de transition commun aux multiples potentiels d’usages, entre l’espace public, les espaces techniques et les espaces privés. Cette «rue intérieure» distribue les logements dans la profondeur de la parcelle et offre des logements traversants nord/sud.

Dans une trame régulière poteau-poutre bois, l’auto-construction a permis des typologies adaptées aux foyers et à leur budget sans surcoût. L’évolutivité des structures familiales et des modes de vie a été prévue dès la conception. Par exemple, deux logements superposés permettent une cession de chambres d’une famille à l’autre (l’une sans enfant et l’autre avec des jeunes adultes); l’atelier commun peut évoluer en lieu de travail ou de commerce; la salle commune est à la fois une salle de jeux des enfants, une salle de travail et de réunion des parents, ou une salle de projection et de fête la nuit. Enfin, le volume de la rue intérieure offre des potentiels d’extension future des logements.

Ce projet d’habitat coopératif a vu le jour en trois ans grâce à des habitants formés, organisés et investis. Un exemple rare en son genre dans l’habitat coopératif auto-construit en France.

Programme : 4 logements groupés