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Auteur(s): Atelier Belenfant&Daubas, architectes

Manifestation manifeste!

L’apparition d’un hangar métallique dissimulant un « ventre » aux parois en terre crue au bord de l’ancienne école ne pouvait être partagée et comprise qu’à la condition que ce projet émane collectivement des esprits de tous les acteurs réunis pour imaginer leur école du futur. Pendant près d’un an, enfants, parents d’élèves, enseignants mais aussi chauffeur de car, aide-maternelle, cuisiniers ont travaillé avec les architectes, paysagistes, thermiciens et élus de la commune. Cette émulation est le fruit d’une pratique dynamique de la démocratie participative. L’essence même du projet tient au partage de valeurs communes que les architectes ont recueillies et concrétisées.

La puissance du territoire, rural par son origine, aimanté quelquefois par la métropole nantaise, a guidé tout le processus. Il a démontré sa capacité à mobiliser ses acteurs et à faire émerger toutes ses ressources, uniques et intrinsèques.

S’en est suivie une démarche d’expérimentation et d’optimisation. À la manière d’une broderie faite main qui a su déployer toute l’intelligence produite lors des ateliers participatifs. Quoi de mieux qu’une école construite par des éco-bâtisseurs en formation : une école où apprendre à apprendre devient un jeu d’enfant ! La terre du site comme matière première pour l’ensemble des murs intérieurs en est le fil conducteur : la fabrication d’igloo pour les enfants est une invention née d’un processus de création en mouvement, de la concertation à sa réalisation.

En mettant en œuvre des filières courtes à l’échelle communal, le site s’est reconnecté à son environnement. À l’entrée du site, un silo agricole, élément commun du paysage rural, stocke le bois déchiqueté issu de l’élagage des arbres communaux pour alimenter la chaudière bois. Les cours sont tapissées de copeaux où croissent les fraises, framboises et autres herbes qui viendront parfumer la cuisine des écoliers, et des murs en bois locaux isolent les classes
Ce projet ne s’est donc pas limité à la construction d’une école ni à un geste architectural éloquent ; par son processus élargi d’action, une synergie citoyenne s’est créée autour d’elle et n’est pas prête de s’arrêter. En s’appuyant sur les ressources disponibles, elle a mobilisé à elle seule son territoire et ceux qui y vivent.

Le concepteur a alors conscience qu’il n’est qu’un maillon agissant et interagissant avec un territoire en participant à la « recréation » d’un véritable écosystème.

Programme : Groupe scolaire