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Auteur(s): CAB Architectes

Confins

Confins

C’est la pointe de Nice. L’extrémité. Quand on a glissé sous l’autoroute vers l’arrière pays, qu’on a longé la berge délaissée du Paillon et dépassé l’usine d’incinération, on est à l’Ariane. Un joli nom pour un lieu vilipendé. Au-delà, ce sont les villages de fond de vallée et de l’autre côté du fleuve, une voie rapide derrière des murs anti-bruit, puis la voie ferrée et la route.

Programme

Un élu a dit que l’on ferait un futsal sur le parking aux carcasses abandonnées. Il y a eu un concours, au programme ambigu. Nous, nous voulions que cet équipement se pose en lien entre la ville et le fleuve, entre l’artificiel et la nature. Nous avons tout fait pour le placer perpendiculairement à la berge et à la rue. On a gagné sur une ambiguïté en proposant le grand terrain en toiture.

Méandres

Nous avons enterré la salle au niveau du Paillon, ce fleuve de cailloux aux méandres asséchés dont les ouvrages fluviaux aux formes brutes entrent en dialogue avec l’équipement. Sur l’aire de jeu, on échappe à la ville, on est dans le lit de la rivière. Pourtant c’est au niveau de la rue que l’on entre, en mezzanine, d’où l’on voit les joueurs qui participent à l’intensité nouvelle de ce lieu…

Transversalité

Dans la ville dense, les rues orientées est/ouest cadrent les versants arborés des collines. Être à Nice, c’est se trouver entre minéralité et nature, pourtant dans les vallées, l’urbanisme « corridor » empêche la vue vers le paysage. Le futsal ancré perpendiculairement au fleuve et à la rue illustre cette nécessité de pouvoir laisser glisser le regard de la rue au fleuve, du fleuve aux collines.

Résonance

Au loin, les viaducs de l’autoroute franchissent les vallons. En toiture, un péristyle en béton définit l’aire de jeu et parle aux collines environnantes. Le petit temple du sport met en écho sa structure avec les ponts autoroutiers, met en dialogue les joueurs de l’Ariane avec leur territoire et leur ciel.

Trame/Drame

Le béton, qui vient de la centrale toute proche, a été moulé pour parler au soleil de l’été et aux rayons bas de l’hiver. Sa formule est issue des graviers du Paillon, son empreinte génétique est indissociable du lit de la rivière. Lisse à l’extérieur, tramé à l’intérieur, il fabrique la dramaturgie nécessaire. Dur et doux à la fois, il se veut résistant mais accueillant pour tous ceux qui prendront du plaisir à frapper la balle, un œil sur les galets et les joncs de la rive.

Ouvrir un site

On a creusé le talus pour tanquer le volume dans le terrain comme on dit dans le sud… Cet acte fondateur offre l’opportunité d’exposer des lieux autrefois cachés de la vue quotidienne. L’incrustation du projet a déclenché la révélation du site et sa mise à nu. Les jeunes jouent face au fleuve, enfin redécouvert. L’eau s’écoule lentement.

Programme : équipement sportif de quartier