,

Auteur(s): FACES architectes

Centre d’art

Il nous semble que tout est là, que nous devons être attentifs, repérer ce qui constitue la singularité du lieu et la conforter.

La découverte de cette construction qui exprime avec des moyens réduits l’évidence des usages qui l’ont habitée procure un plaisir proche de celui que donne la lecture d’un discours exposant avec clarté, sans jargon, des phénomènes complexes.

La beauté des étables, des auvents et des cours réside dans la capacité de ces ouvrages à témoigner de leur usage, de leur fonction symbolique, de leur construction entendue comme le sens accordé au choix et à la disposition ensemble des éléments qui constituent le tout.

Dans ce paysage de l’Yonne où alternent vallons boisés et cultivés, la ferme isolée se tient sur la pente d’un coteau. La position des bâtiments et la géométrie des tracés organisent les espaces extérieurs par le nivellement, les murets définissant une succession de terrasses ouvertes sur le paysage.

Les corps bâtis s’articulent en un U évasé autour d’une cour : le logis, le grenier, les étables. D’une porcherie construite en retour ne reste qu’un enclos de murs. En contrebas, deux granges encadrent une aire de manœuvre. La ferme a été construite à la fin du XIXe siècle en maçonnerie de briques et de silex, remaniée par l’ajout de granges.

Invités à travailler sur le projet de transformation de la ferme en lieu de travail et résidence d’artistes, il nous fallait trouver comment poursuivre l’histoire des bâtiments qui la composent, l’histoire de leurs usages, de leur forme, de leur construction, de leur économie. Continuer l’histoire en œuvrant à révéler par les transformations une nouvelle cohérence, à offrir aux usages à venir des dispositions inédites. Faire avec ce qui est encore là – le troupeau de moutons, les arbres fruitiers, la forêt – et ce qui serait – peindre, graver, mettre en scène, stocker, exposer, parcourir. Ici l’architecture a donné les mesures, les justes positions dans le réseau de relation entre les éléments, l’articulation des bâtisses et les vides : surélévations, extensions, clôtures.

Nous avons choisi de travailler en premier lieu sur le devenir des granges et de ce qu’il restait de la porcherie, de refonder l’unité des cours haute et basse, de rassembler les bâtiments réparés de la ferme et les espaces gagnés en un enclos continu et resserré, telle une cristallisation dans l’étendue des bois. Le mode constructif choisi – ossature bois, bardage en planches, panneaux de pin en couches croisées, couverture tuiles et zinc – a permis d’obtenir une tension harmonique de même teneur que celle des constructions anciennes faites de modules et répétitions.

Programme : Transformation d'une ferme et de ses dépendances